Dominique Strauss-Kahn s'exprimait lundi sur RMC et BFM-TV. Il a accusé François Hollande d'être "le principal responsable" de la défaite présidentielle, qui crée "évidemment une crise" au sein du Parti socialiste, "incapable de se renouveler", ce dont le Premier secrétaire du PS est, là encore, "responsable".
Tendance "à fuir la réalité"
Le député du Val-d'Oise a aussi ironisé sur la proposition de ce dernier d'organiser "des assises pour refonder un grand parti de la gauche". "C'est un aveu (...) Cela veut dire qu'on n'est plus un grand parti de la gauche, s'est-il amusé, en déplorant "la tendance à fuir, dans des manoeuvres institutionnelles, la réalité".
Selon Dominique Strauss-Kahn, ce n'est pas le nom du parti qui est en cause, "ce sont les idées". "Nous n'avons pas attiré les Français", a-t-il analysé, avant de plaider pour "un socialisme du
réel, ancré dans la réalité". "Depuis des années, on ne tranche rien" au PS, a-t-il déploré. De la défaite du 6 mai, "on est tous responsables à la mesure des responsabilités qu'on a exercées":
"Plus la responsabilité est grande, plus on est responsable".
Dominique Strauss-Kahn s'est par ailleurs déclaré opposé à une désignation très rapide du candidat pour la présidentielle de 2012, mesure prônée samedi par Ségolène Royal, jugeant que "cela n'a pas de sens". Il a toutefois reconnu que choisir le candidat six mois avant le scrutin, "c'est trop tard". Le mieux, selon lui, c'est de prévoir une désignation "un an ou un an et demi" avant la présidentielle.
La veille, lors de l'émission France Europe Express sur France 3, François Hollande avait estimé qu'il fallait "refonder la
gauche, parce qu'on ne peut pas avoir un grand Parti socialiste" avec "des petites forces, des satellites autour de lui". "Il faut inventer une nouvelle stratégie: l'invention de cette stratégie,
c'est un grand Parti socialiste qui couvre tout l'espace qui va de la gauche, sans aller jusqu'à l'extrême gauche, jusqu'au centre-gauche ou au centre", avait-il affirmé. Selon lui, "on ne va pas
sous-traiter, ni à une gauche radicale qui n'existe plus, ni à un centre qui, lui, existe. On va prendre tout l'espace". "L'enjeu des prochaines élections - élections législatives, élection
présidentielle de 2012 - c'est de constituer ce grand parti", avait-il conclu, appelant à "en discuter dans les mois qui viennent".
H.Ghomi
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander

Article publié sur le site : http://www.emeric-brehier.net