Mercredi 23 septembre 2009

Le Figaro - 23/09/09

Le directeur du FMI domine les sondages de popularité au PS. Mais il devra se différencier plus fortement de Nicolas Sarkozy sur le fond s'il veut confirmer son statut de présidentiable.

 

Même combat ? Ils ont, en tout cas, un même mot à la bouche : la régulation. Entre Nicolas Sarkozy et Dominique Strauss-Kahn, il pourrait y avoir une entente cordiale lors du sommet du G20. Paradoxal, puisque certains imaginent d'ores et déjà un affrontement, en 2012, entre le président de la République et le directeur du Fonds monétaire international, qui participe lui aussi au sommet de Pittsburgh. Mais là-bas, leur rivalité politique ne se verra pas. L'ancien ministre socialiste, tant qu'il est au FMI, n'a pas le droit de laisser transparaître la moindre ambition nationale.


Alors, ils en sont presque à défendre les mêmes idées. Le chef d'État français dit vouloir «moraliser le capitalisme» et notamment encadrer les bonus des traders. Le directeur du FMI a qualifié «d'insensés» ces bonus. L'ancien ministre socialiste «espère» que le sommet des chefs d'État débouchera sur une nouvelle régulation de l'économie mondiale. Mais il prévient : «Cela fait maintenant près d'un an et demi qu'il y a un assez large consensus» entre les États, a-t-il déclaré récemment, «le problème c'est qu'il ne conduit pas à des décisions suffisamment rapides».


Si Strauss-Kahn veut défier Sarkozy en 2012, il devra montrer une différence. «Le problème de DSK, c'est qu'il ne peut pas se distinguer de Nicolas Sarkozy. Sur le fond, ils ont les mêmes positions», souriait, il y a quelques mois, un ministre d'ouverture. «Le problème n'est pas de se distinguer», râle Jean-Christophe Cambadélis, l'un des plus proches de Strauss-Kahn. «Il y en a un qui parle, l'autre qui agit», tente-t-il d'expliquer.


DSK semble être le seul, aujourd'hui parmi les leaders socialistes, à pouvoir inquiéter Nicolas Sarkozy. Malheureusement, il n'est pas encore en situation d'être candidat : son mandat à la tête du FMI s'achèvera après l'élection présidentielle. Pour être candidat, il faudrait qu'il démissionne. «Il faudrait qu'il en ait envie», s'interroge un de ses amis.


La question est presque taboue : les instances du Fonds voient d'un très mauvais œil toute insinuation politicienne dans les discours de Strauss-Kahn et ne se privent pas pour lui dire. Les partisans de DSK agissent donc en secret. «Si je vous disais que nous n'avons jamais parlé de son retour, vous ne me croiriez pas», s'amuse, d'une pirouette, l'un de ses conseillers. «Rien ne permet de dire que DSK pense à la présidentielle, rien ne permet de dire qu'il l'exclut», commente prudemment Cambadélis. «Il a des fourmis dans les jambes», croit, au contraire, savoir un strauss-kahnien.


La principale difficulté, pour l'ancien ministre, réside dans le calendrier interne du PS. À quelle date le parti choisira-t-il son candidat ? Début ou fin 2011 ? «La physionomie des primaires ne sera pas la même en janvier 2011 ou en octobre 2011. Dans un cas, on est dans le virtuel, dans l'autre, dans la projection de la présidentielle», explique un proche. Dernière interrogation : l'état du PS en 2012. Les querelles internes qui ont opposé Ségolène Royal et Martine Aubry ne favorisent DSK qu'à un certain point, estime un de ses amis : «Le niveau d'affaiblissement du PS est un problème pour lui aussi.» Il n'y a donc pas que l'économie mondiale qu'il faudrait réguler.

 

 

H.Ghomi

Par Hadrien Ghomi - Publié dans : chelles77avecdsk
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Mardi 1 septembre 2009


AFP - 01/09/09


PARIS — Le député PS du Doubs Pierre Moscovici a estimé mardi que les modalités d'organisation de la primaire présidentielle à gauche ne devaient pas conduire à exclure une éventuelle candidature de Dominique Strauss-Kahn, dont le mandat à la tête du FMI court jusqu'en 2012.


"La procédure de la primaire, le moment où on l'organise doit permettre à tout le monde de se présenter, ça doit lui permettre à lui aussi (Dominique Strauss-Kahn) d'être dans la course", a affirmé M. Moscovici sur Canal+ alors que selon un récent sondage, DSK est le candidat PS préféré des Français pour 2012. Le député du Doubs, qui n'exclut pas lui-même d'être candidat, a préconisé en conséquence une primaire organisée pas "trop tôt", "entre juin et septembre 2011".


"Dominique Strauss-Kahn doit pouvoir, le cas échéant, et s'il le souhaite, participer à cette compétition (...) Il ne faut pas une compétition qui l'exclut de la candidature", a-t-il insisté. Lors de l'université d'été du PS à La Rochelle, Laurent Fabius a plaidé également pour des primaires au second semestre 2011 afin de permettre aux "grands candidats" comme M. Strauss-Kahn d'y participer.


Le directeur général du Fonds monétaire international avait participé aux primaires du PS pour la présidentielle de 2007. Il n'a jamais fermé la porte à une éventuelle candidature en 2012.

 

H.Ghomi

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Mardi 1 septembre 2009
Le Point - 30/08/09

La montée du chômage va se poursuivre malgré la reprise dans les pays développés, prévient DSK. "Nous devons continuer à travailler dur pour garantir une reprise durable au premier semestre 2010. Mais, malgré la reprise, le chômage va continuer à augmenter en 2010 et peut-être même en 2011 dans les économies les plus développés", déclare DSK dans un entretien publié dimanche par le journal grec Kathimerini.

Dominique Strauss-Kahn prévient aussi qu'il serait erroné de considérer la reprise comme acquise. "Le risque à court terme est de voir la reprise s'interrompre, c'est quelque chose qui pourrait être causé par une série de développements négatifs", ajoute-t-il. Il met notamment en garde contre le risque de considérer une croissance soutenue par des mesures fiscales comme le signe d'une reprise durable. Le patron du FMI redoute par ailleurs que la reprise soit entravée par des prix élevés du pétrole.

 

Dominique Strauss-Kahn doit donner un discours à Berlin le 4 septembre dans lequel il s'adressera aux ministres des Finances du G20 réunis, eux, à Londres pour préparer le sommet de Pittsburgh.


H.Ghomi
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Samedi 29 août 2009

 

Le Figaro - 28/08/09


Il est absent de La Rochelle, mais pas des sondages. Directeur général du Fonds monétaire international, Dominique Strauss-Kahn est désormais très loin des rendez-vous du PS.


Actuellement, il prépare le sommet du G20 à Pittsburgh, en septembre. Mais l'ancien ministre de l'Économie reste présent dans les esprits, grâce aux sondages qui le présentent comme le leader préféré des socialistes. Selon une enquête Sofres, parue cette semaine dans Le Nouvel Observateur, 49 % des Français (57 % des sympathisants PS) aimeraient qu'il soit candidat en 2012.


Ses rivales Martine Aubry et Ségolène Royal ne sont toutefois pas complètement distancées. Auprès des sympathisants de gauche, DSK et Aubry recueillent 50 % des réponses et Royal 47 %. En revanche, l'ancien ministre creuse largement l'écart lorsque la question porte sur «la personnalité la plus capable de diriger la France». 59 % des Français répondent DSK, 45 % Delanoë, 39 % Aubry, 35 % Royal.

 

H.Ghomi

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Samedi 29 août 2009


NOUVEL OBS - 25/08/09


Dans une enquête Sofres-Logica réalisée pour le Nouvel Observateur à paraître jeudi, toutes les figures du PS – vieilles pointes et jeunes pousses – ont été testées dans l’optique de la prochaine présidentielle. Pour 2012, les Français font d’abord confiance aux anciens et si DSK fait nettement la course en tête, son seul handicap est de ne pas avoir fait le vide autour de lui.


Le fond de l’air est strauss-kahnien. Loin des miasmes de la rentrée, loin des débats byzantins de son parti et des recompositions qui s’amorcent en ordre dispersé, le secrétaire général du FMI, depuis Washington, s’impose à l’évidence, à gauche, comme l’homme de la période. Loin des yeux, près du cœur. C’est au fond le principal enseignement du sondage réalisé par la Sofres pour le Nouvel Observateur et qui porte sur la cote des onze principaux animateurs du PS dans l’optique de la présidentielle de 2012.


Cette enquête est une première. Alors que la question du leadership hante les esprits, chez les socialistes et plus généralement à gauche, jamais la côte des vieilles pointes et des nouvelles pousses de la maison rose n’avait été testée avec autant de précision. Choix du cœur, choix de la raison, choix du portefeuille, en quelque sorte. Désir, réputation, intérêt : c’est tout cela qu’il faut mesurer pour comprendre comment un homme ou une femme s’impose progressivement pour conduire in fine la reine des batailles sous la Cinquième République.

"Tout cela vient un peu tôt"


Aimeriez vous qu’il (ou elle) soit candidat(e) ? Pensez-vous qu’il (ou elle) a la carrure pour ce poste? Estimez vous qu’il (ou elle) saura défendre vos propres intérêts dans la campagne qui s’annonce? Or sur ces trois critères, DSK arrive nettement en tête. La nette remontée de sa cote de popularité, avant l’été, n’était donc pas un feu de paille, après la catastrophe des européennes. On aurait pu imaginer qu’à l’instar de Laurent Fabius, l’ex-ministre des Finances de la dream team jospiniste, impose le respect sans susciter le désir. On aurait pu croire aussi qu’à l’inverse de Ségolène Royal, il inspire l’envie sans répondre aux intérêts concrets de son électorat potentiel. On aurait pu enfin penser que le désir de renouvellement, à gauche, était tel, que sa carrière passée et son éloignement, le mettait à l’écart de la compétition élyséenne à venir.


Il n’en est rien. DSK fait la course en tête. Il ne se détache pas encore. Mais il s’impose déjà. "Tout cela vient un peu tôt", commentaient, en juin, ses proches, alors que les sondages de popularité le propulsaient au zénith. Si tel est le critère, alors, en effet, le sondage Sofres-Nouvel Obs - ô paradoxe – est une très mauvaise nouvelle pour celui qui, depuis Washington, attend son heure avant de choisir de descendre ou non dans l’arène de la présidentielle!

Une force double


La force de DSK est double : il est présent dans les esprits sans être un acteur direct de la vie politique hexagonale. Ses ressources sont celles de la stratégie qu’on lui prête. Il est l’homme du recours qui n’avance pas en alignant ses troupes mais en cultivant une réputation. Sa solitude est un talisman. Pour reprendre une comparaison historique, il est dans le rôle tenu au début des années quatre-vingt-dix par Jacques Delors qui, depuis Bruxelles, faisait monter le désir sans bouger une paupière.


Jacques Delors a fini par dire non. Strauss-Kahn, dont le mandat au FMI court jusqu’en… 2012 n’a pas encore dire oui. Pour le moment, il engrange. En politique aussi, la nature a horreur du vide. Il a d’ailleurs – et c’est son autre force, dans le contexte actuel – les attributs qui lui assurent une présence durable dans un jeu qu’il fait mine de regarder de loin. DSK n’est pas encore candidat, mais l’envie qu’il attise lui assure une réputation dont on voit mal comment elle pourrait s’estomper dans les mois à venir. Il est d'ores et déjà un formidable compétiteur de second tour pour une bataille élyséenne qui n’en est qu’à ses prémices. Il ratisse large. Il mord sur la droite. Il siphonne une large fraction de l’électorat du MoDem. Il cartonne – ceci expliquant cela – dans une population âgée qui, on l’a vu en 2007, est une des clés de la présidentielle.

Le candidat des élites


Enfin, il est le candidat évident des élites, ces CSP + qui, sans doute ne font pas l’élection mais qui garantissent, au moins médiatiquement, une présence sans laquelle le désir cède vite la place à l’oubli. Face à Michel Rocard, qualifié en son temps de "candidat naturel", Jacques Delors était un "candidat surnaturel". DSK, d’une manière sans doute plus contrôlée – est, quinze ans après, le nouveau titulaire de ce rôle-titre, vieux comme le théâtre politique français.


Zéro défaut DSK? Quand l’élan est là – et en l’occurrence, il est bien là - il emporte tout. Ce que Strauss-Kahn gagne à droite, il ne le perd pas à gauche. Socialement, le spectre de ses soutiens demeure équilibré. Les jeunes ont tendance à le bouder. Mais ce n’est pas spectaculaire. En fait, comme dans toute compétition, c’est moins Strauss-Kahn et son image qui posent problème, que le positionnement et la cote de ses principaux concurrents.

Le vide au PS


Dans la stratégie qui est la sienne, DSK est un produit statique qui ne peut s’imposer que par la disparition de toute offre crédible alternative. S’il est appelé, tel un recours, c’est que le vide s’est instauré au PS. On n’en est pas encore là. D’abord parce que pour l’ensemble des Français, Bertrand Delanoë possède toujours, malgré (ou à cause ?) de son fiasco au congrès PS de Reims, tous les attributs d’un candidat crédible à la présidentielle. La mairie de Paris, décidément, reste, quoi qu’il arrive, une tribune et une vitrine à la fois. Plus embêtant encore pour DSK est la bonne résistance, chez les sympathisants PS, de Ségolène, l’oubliée. Enfin, dans la stratégie qui est la sienne, DSK aura nécessairement besoin d’un premier secrétaire qui, à défaut de le servir, ne lui mette pas de bâtons dans les roues.

Le meilleur sans être une évidence


Mieux aurait-il valu pour cela qu’après son fiasco des européennes Martine Aubry soit définitivement écartée de la course présidentielle. Or c’est précisément l’inverse que souligne l’enquête de la Sofres, notamment au PS.  A l’heure des primaires, DSK est aujourd’hui le meilleur sans être pour autant une évidence. Pour s’imposer, il va devoir se battre. Mitterrand disait de Delors qu’ il voulait "être élu sans être candidat". Strauss-Kahn peut-il être dans la course sans donner – et vite ! – les signes de sa détermination ?

H.Ghomi


Par Hadrien Ghomi - Publié dans : chelles77avecdsk
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