Vendredi 13 octobre 2006
  
PARIS, 4 oct 2006 (AFP) - Dominique Strauss-Kahn, candidat à l'investiture socialiste pour 2007, a qualifié mercredi de "scandale absolu" les menaces proférées contre Robert Redeker, auteur d'une tribune critique contre l'islam. "Ce qu'a écrit ce professeur, je ne l'aurais pas écrit (...)

Mais peu importe ce qu'il a écrit, ce qui compte dans notre pays, c'est la liberté de penser et la liberté d'enseigner", a déclaré M. Strauss-Kahn sur France Inter. Les menaces contre ce professeur de philosophie sont "un scandale absolu contre lequel nous devons tous nous élever". "La République doit apporter sa protection à ce professeur. Il est absolument inadmissible que dans la France d'aujourd'hui, on ne puisse pas dire sur un sujet ou sur un autre ce qu'on a envie d'écrire", a affirmé le député du Val d'Oise.

H.Ghomi
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Vendredi 13 octobre 2006

    Challenges.fr | 12.10.2006 par Ivan Best

 

Face à Royal et Fabius dans la course à l'investiture du PS pour la présidentielle, Strauss-Kahn retrouve sa véritable nature.


 Début septembre, quand il lâche cette petite phrase dans le TGV qui l'emmène à Autun, où il va rencontrer les salariés de Dim, Dominique Strauss-Kahn surprend les journalistes présents. Il y a quelques années encore, cette autodéfinition du héraut libéral du PS aurait pu paraître anodine. Mais, depuis 2005, l'ex-ministre des Finances s'est tellement ingénié à gauchir son image pour épouser ce qu'il pense être l'orientation profonde de son parti qu'on l'avait presque oublié.


Déjà perceptible au printemps, le revirement est spectaculaire. Partiellement remis en selle par la défection de Lionel Jospin, DSK a décidé de tirer ses dernières cartouches avec les armes qu'il maîtrise le mieux. Celles de la « droite de la gauche », comme avait pu titrer un magazine à la fin des années 90. En témoignent ses déclarations récentes et un brin provocatrices sur la nécessité de revoir les régimes spéciaux de retraite. Revoici donc le Strauss-Kahn un peu oublié, le socia­liste éclairé de la fin des années 90, dont on se demande, in fine, s'il ne s'est pas trompé de stratégie.


Revirement :


La stratégie ? Pendant des mois, DSK décide de mettre sa vraie personnalité entre parenthèses. Plus question de modernisme, de réformisme, de réalisme, on met le cap à gauche toute. L'expression social-démocrate ? Un tabou. Quant à parler de social-libéralisme... « Non, non, je ne vois pas ça », proteste-t-il face à un Olivier Besancenot qui, sur France 2, en décembre 2005,  voit dans les positions du PS « une orientation social-libérale ».


A propos du partage des fruits de la croissance, « j'ai la même indignation que vous », concède alors DSK au porte-parole de la Ligue communiste révolutionnaire. La mondialisation, si on doit la combattre, c'est pour revenir en arrière », sur le partage de la valeur ajoutée, ajoute-t-il alors, évitant de s'opposer trop visiblement à Besancenot. L'idée même de ce face-à-face avec « le facteur » fait alors débat parmi les proches de Strauss-Kahn.


Mais DSK n'en a cure. Il n'a en tête que son recentrage au sein de la gauche, et spécialement à l'intérieur du PS. Surtout ne pas paraître trop « droitier », de peur d?être margina­lisé dans une formation sous le choc du vote « non » au référendum sur la Constitution européenne.


Aujourd'hui, force est de constater que ce choix n'a emporté ni l'enthou­siasme des électeurs ni celui des caciques du PS. « Au moment du congrès du Mans, en novembre, il s'est dit "il faut que je donne des gages", souligne le maire de Mulhouse, Jean-Marie Bockel, qui revendique avec constance son positionnement à l'aile droite du PS. Mais DSK n'a pas réussi à gauchir son image. »

Erreur
:


Un responsable socialiste, qui s?apprête à soutenir Ségolène Royal, se montre plus virulent dans sa cri­tique. « Dès le printemps 2003, à ­l'occasion du congrès de Dijon, Strauss-Kahn a commencé à se renier. Il a abandonné son originalité, et s'est enlisé dans un positionnement qui l'a étouffé. » Même ses proches, tel Pierre Moscovici, secrétaire national du PS aux questions internationales, admettent que « DSK a un peu brouillé son image ». Il a pensé qu'il fallait d'abord conquérir l'appareil, avant de se tourner vers l'opinion.


Une position logique pour celui qui veut être désigné par son parti. D'autant que François Hollande, premier secrétaire du PS, le conforte dans ce choix en lui faisant miroiter son soutien si DSK joue le jeu de la direction du PS. De là à dire que l'ancien ministre des Finances s'est un peu perdu dans les manoeuvres internes du parti, il n'y a qu'un pas.
Le résultat ? DSK a laissé à d'autres la palme de l'originalité. A commencer par Ségolène Royal. « Il est resté dans une campagne classique, sous-estimant la transformation à la fois de la sociologie du PS et de l'opinion », analyse un expert socialiste. Dans le même temps, « Royal a eu l'intelligence de porter la problé­matique des valeurs, comme ont pu le faire avant elle Blair ou Zapatero ». Deux hommes dont DSK n'est pourtant pas si éloigné. Dans la course à la candidature au sein du PS, la présidente de Poitou-Charentes peut désormais espérer obtenir le soutien de la majorité absolue des adhérents socialistes, dès le premier tour, le 16 novembre.
Comme elle, DSK aurait eu intérêt à faire entendre sa différence, plutôt que de s'en tenir à la ligne du PS. Mais cette stratégie, envisagée, débattue dans son entourage, n'était pas sans risques, comme l'observent ses proches. Le contexte, il est vrai, se prêtait peu à l'affirmation au sein du PS, et plus généralement de la gauche, d'une ligne très réaliste.


Comment expliquer, alors, la réussite de Ségolène Royal, à coups de prises de position peu orthodoxes ? « La grande différence, c'est qu'elle n'a jamais été vraiment intégrée au PS, alors que DSK est vraiment à l'intérieur du parti, affirme Pierre Moscovici. Il n'est pas un outsider. Pour elle, gagner par l'extérieur est beaucoup plus facile. On n'a pas fait payer à Ségolène Royal ce qu?on aurait fait payer à Strauss-Kahn s'il avait suivi la même voie. »


Le député PS Jean-Christophe Cambadélis, l'un des plus proches conseillers de DSK, abonde en ce sens : « Afficher sa différence au Mans, à l'automne dernier, eût été une erreur majeure. Nous aurions alors fait le jeu de Fabius », qui n'aurait eu de cesse de marginaliser DSK à droite du PS.

Retard :

   

Pas de regret, donc. Reste que le retard à combler aurait de quoi en décourager plus d'un. Mais nul, au PS, ne l'estime encore battu. « Ségolène Royal, c'est une bulle, il faut la percer », lance Pierre Moscovici.  « Dominique va montrer qu'il répond à la demande de renouvellement, poursuit Cambadélis. Il peut offrir la compétence à la rénovation. » Il lui reste un peu plus d'un mois pour en convaincre les militants socialistes. Après le « non » au référendum sur la Constitution européenne, DSK craint de se marginaliser : il met cap à gauche toute.

Le propos social-démocrate lui sied mieux.

Octobre 2005 : 33 %
L'Europe est trop libérale, parce qu?elle ne tient pas assez compte de la volonté de réguler les marchés. Ce qui est en cause, c?est un libéralisme exacerbé qui s'est emparé de la vie économique.
Décembre 2005 : 33 %
Olivier Besancenot, j'ai la même indignation que vous. [...] Nous ne sommes pas là pour nous disputer. La mondialisation, si on doit la combattre, c'est pour revenir en arrière dans le partage de la valeur ajoutée.
Janvier 2006 : 31 %
Notre but, c'est la fin de la société précaire [...]. Si la gauche ne s'occupe pas de la protection des ouvriers, qui le fera ? Si la gauche ne s'en occupe pas, alors à quoi sert la gauche ?
Mars 2006 : 27 %
Dans la fusion Suez-GDF, je vois l'expression d'une caste nouvelle, comme l'appelait Lionel Jospin, prête à brader nos actifs industriels pour garder ses privilèges.
Mai 2006 : 30 %
Nous raillons les socialistes britanniques, les allemands, les suédois, tous pas assez à gauche. Mais eux, ils gagnent les élections. Tony Blair est loin d'être parfait, mais parce qu'il est capable de vision, parce qu'il sait entraîner quand c'est indispensable, c'est un homme d'Etat.
Octobre 2006 : 31 %
Il faut laisser les 35 heures en l'état, et non les généraliser à l'ensemble des salariés [...]. Parmi tous ces débats sur les retraites, il y a la question des régimes spéciaux. Il faut en sortir.

La popularité de Dominique Strauss-Kahn
(Cote d'avenir Sofres : pourcentage d'électeurs souhaitant voir DSK jouer un rôle important dans les mois à venir.)

 


H.Ghomi

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Jeudi 12 octobre 2006

PARIS, 10 oct 2006 (AFP) - Nicolas Sarkozy a perdu 6 points de popularité en octobre (56% d'avis favorables) tandis qu'à gauche Dominique Strauss-Kahn a gagné 8 points (60% de bonnes opinions), après l'officialisation de sa candidature à l'investiture PS, selon le baromètre Ifop/Paris Match à paraître jeudi.


Ségolène Royal redescend à la deuxième place des personnalités les plus populaires, avec 69% d'opinions positives (70% en septembre), derrière Bernard Kouchner, qui reprend la tête avec 73% d'opinions positives (+ 4). A droite, le ministre de l'Emploi Jean-Louis Borloo (65%, =) reste la personnalité la plus populaire, tandis que François Bayrou n'a jamais été aussi haut depuis avril (57%).


Dominique de Villepin perd 5 points avec 47% d'opinions positives. L'approbation de son action comme Premier ministre continue toutefois à progresser: +2 points en octobre, après +10 points en septembre, ce qui la porte à 40%. 60% la désapprouve (- 2). M. de Villepin, qui avait perdu beaucoup de terrain lors de la crise du CPE, revient en octobre à un niveau à peu près équivalent de celui de mars 2006 (41%). L'action de Jacques Chirac est approuvée par 38% des Français, soit un recul d'un point par rapport à septembre, les mécontents restant nettement majoritaires (62%, +1).


L'amélioration de l'approbation de l'action du Premier ministre rejaillit un peu sur la crédibilité de l'opposition. 58% (=) des Français considèrent qu'elle ne ferait pas mieux que le gouvernement actuel si elle était au pouvoir, 41% (-1) étant d'un avis inverse. La victoire de la gauche à la présidentielle est souhaitée par 49% (-2) des sondés, celle de la droite par 45% (+2). Un écart qui ne cesse de se resserrer depuis juin où le rapport de force était de 52%-41% en faveur de la gauche. Parmi les éventuels candidats socialistes, Ségolène Royal est jugée comme celle qui ferait le meilleur président de la République. Avec 47%, elle devance de 13 points Dominique Strauss-Kahn (34%), Laurent Fabius étant loin derrière (11%).


Sondage réalisé par téléphone les 5 et 6 octobre auprès d'un échantillon de 1.007 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus (méthode des quotas).

 


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Dimanche 8 octobre 2006


PARIS, 4 oct 2006 (AFP) - L'équipe de campagne de Dominique Strauss-Kahn, candidat à l'investiture du PS pour la présidentielle, a réalisé un hymne de campagne sur une musique déjà détournée par les amateurs de foot, le "Zidane y va marquer" devenant "Strauss-Kahn il va gagner".


La chanson a toute une histoire, puisqu'elle dérive de Madan, une chanson du Malien Salif Keita, qui a été déjà parodiée deux fois: de "Zidane y va marquer" à "Coup de boule", un tube de l'été réalisé après la défaite de l'équipe de France et le coup de tête de Zidane.


Même si le tempo est le même, la chanson a été déformée pour qu'il n'y ait pas de problèmes de droits, et c'est devenu du zouk, indique-t-on dans l'entourage du candidat.
"A gauche, à gauche à gauche,
Tout le monde à gauche
Strauss-Kahn y va gagner,
La gauche elle va passer", dit le refrain.
Les couplets sont plutôt dirigés contre la droite:
"Sarko nous fait flipper, il joue les justiciers,
La droite est mal barrée et Chichi est fatigué !".
Mais "la gauche c'est le progrès, la gauche elle va passer !".


Petit clin d'oeil, les auteurs, K-Banes et Bambou, faisaient partie du même collectif de rappeurs, avec Passi et Stomy Bugsy, que Doc Gynéco –lequel soutient Nicolas Sarkozy. La chanson est téléchargeable gratuitement sur le site de campagne de M. Strauss-Kahn : www.dsk2007.net/TOUT-LE-MONDE-A-GAUCHE.html

 


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Samedi 7 octobre 2006

  

ALFORTVILLE (Val-de-Marne), 4 octobre 2006 (AFP)


Dominique Strauss-Kahn, candidat à l'investiture PS à l'élection présidentielle, s'est fait mercredi l'avocat d'"une vraie gauche, celle qui sait changer le monde en profondeur" en prenant le temps plutôt que de préparer des lendemains qui déchantent. Pour son premier grand meeting à Alfortville (Val-de-Marne) depuis le dépôt de sa candidature, l'ancien ministre de l'Economie et des finances s'est attaché devant environ 1.500 personnes, à se défaire de l'image d'un "social libéral", pour célébrer "le socialisme", un socialisme qui sache "prendre les avancées" plutôt que de les refuser parce qu'elles sont insuffisantes.

  

 

DSK marquait ainsi sa singularité à l'égard de ses challengers, Ségolène Royal, qui emploie rarement le mot de "socialisme", et Laurent Fabius, symbole d'une "gauche radicale", selon les strauss-kahniens. Il s'est dit guidé "par trois étoiles, le socialisme, la République et la France". Dans ce fief strauss-kahnien du Val-de-Marne, la mise en scène avait été bien réglée: le candidat à l'investiture, qui sera délivrée par les militants le 16 novembre (le 23 en cas de second tour), a fait son entrée au son d'un hymne tout neuf, un un air de zouk entraînant, "Strauss-Kahn, y va gagner". "DSK, président!", a scandé la foule. Après 50 mn de discours, une pluie de confettis s'est abattue sur le podium, dans un décorum psychédélique. Le député du Val d'Oise a cherché à démontrer qu'il avait la carrure d'un chef d'Etat. "Une campagne, c'est d'abord un homme. Un homme, c'est le produit d'une vie", a-t-il dit, évoquant "les fêlures de la trahison", celle qu'il a vécue lorsqu'il avait mis en examen dans l'affaire de la MNEF fin 1999, avant d'être blanchi.


Parfois taxé de représentant de "la gauche caviar", DSK a assumé franchement ses origines, "la classe moyenne". "Comme d'autres issus du même milieu, j'ai fait le choix de me battre pour changer la vie de ceux qui ont eu moins de chances", a-t-il dit.


Le candidat a ouvertement revendiqué "l'héritage" socialiste (le droit de grève, les congés payés, etc.), allant jusqu'à s'engager à "renouer avec la gauche de la feuille de paie". "Changer la vie de ceux qui souffrent, c'est cela que, pour commencer, je vous promets!", a-t-il lancé. Mais, a-t-il souligné en "candidat social-démocrate" affiché, il faut aussi "prendre le monde tel qu'il est", "saisir les petits pas". "Je veux une gauche qui dure, qui reste au pouvoir, non par goût du pouvoir mais parce qu'il faut du temps pour que les réformes fassent sentir leurs effets", a déclaré DSK.


Selon M. Strauss-Kahn, "aucune promesse n'aura de réalité si nous ne sommes pas capables de faire que l'économie reparte".


Au passage, il a égratigné Mme Royal, qui avait déclaré vendredi à Vitrolles qu'"en France, le social et le national marchent ensemble". "Si le socialisme se réduisait à être national, il oublierait nos valeurs. Mon socialisme est un internationalisme", a assuré le député du Val d'Oise. "Je faix deux promesses, s'est-il exclamé: une campagne sans concession qui mène à la victoire (contre la droite en 2007), et celle d'un retour de la vraie gauche, celle qui sait vraiment changer le monde en profondeur, celle dont les socialistes ont toujours rêvé".


Outre les fidèles de longue date, comme le président de la région Ile-de-France Jean-Paul Huchon, Serge Janquin, premier secrétaire de la fédération du Pas-de-Calais, la deuxième de France (plus de 14.000 adhérents) était présent au premier rang.

 


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