Jeudi 9 août 2007

    mercredi 08 août 2007 | Le Parisien


    Pas de vacances pour DSK : candidat de la France à la direction générale du Fonds monétaire international, l'ancien ministre socialiste pourrait ensuite préparer un retour en fanfare... au PS.

    DSK est en campagne électorale. Cette fois, il ne s'agit pas de convaincre les socialistes de le choisir pour candidat à la présidentielle, mais de conquérir la prestigieuse direction générale du FMI. Soutenu par Nicolas Sarkozy, l'ex-ministre des Finances mène campagne tambour battant et multiplie les déplacements à l'étranger.


    Une tournée qu'il a démarrée le 24 juillet à Washington par une visite au siège de l'institution. Après les Etats-Unis, l'Afrique du Sud, le Mozambique et le Brésil, DSK sera demain en Russie puis se rendra en Argentine, en Bolivie, au Mexique, au Chili, en Chine, en Inde, au Japon, en Corée, en Egypte et en Arabie saoudite. « Au total, il aura avalé 65 000 km, soit près de deux tours du monde », assure un proche. Pour l'instant, Dominique Strauss Kahn est le seul candidat en lice. Mais les prétendants éventuels ont jusqu'à la fin du mois pour se faire connaître, et le vote aura lieu mi-septembre. Créé en 1944, le FMI soutient financièrement les pays touchés par de graves crises économiques.


    Les milieux d'affaires français et européens conquis. « Il est en train de réussir ce qu'on n'attendait pas de lui ! » Ce patron d'un grand groupe industriel résume bien le chemin parcouru en quelques semaines par Dominique Strauss-Kahn. Lorsque, en juillet dernier, Nicolas Sarkozy l'a propulsé candidat de la France, DSK était loin de faire l'unanimité dans les milieux économiques et financiers. Ses détracteurs se plaisaient à souligner sa trop grande décontraction, voire son dilettantisme, incompatibles selon certains avec la gestion des affaires publiques. Sa campagne sobre et méthodique, axée sur la réforme du Fonds, a eu raison des critiques. « Dominique Strauss-Kahn est passé d'un statut de candidat français à celui de candidat européen soutenu par les Etats-Unis. Et il est en passe de devenir aussi celui des pays émergents », se réjouit un banquier.


    Ses déplacements sont pris en charge par la France, qui a également mis à sa disposition un fonctionnaire du ministère des Finances. DSK, qui travaillait jusqu'ici avec l'agence Euro RSCG, a fait cette fois appel à une firme américaine, TD International, pour assurer sa communication.


    Les pays en voie de développement à l'écoute. Au-delà de sa maîtrise parfaite de l'anglais qui a permis à DSK de s'entretenir avec ses interlocuteurs sans traducteur, l'ancien ministre socialiste - qui parle également allemand, espagnol, italien et un peu arabe - a déployé un argumentaire propre à convaincre de nombreux pays émergents à l'instar du Sénégal, du Mali, du Bénin ou de l'Afrique du Sud : meilleure représentativité des petits pays, assouplissement d'une règle non écrite selon laquelle la direction du FMI est automatiquement réservée à l'Union européenne (tandis qu'un Américain préside la Banque mondiale), renforcement de la politique de développement du Fonds.


    Tout n'est pas encore joué. L'Inde, Singapour et le Brésil, trois pays dont les droits de vote n'ont pas été augmentés, demeurent sur la réserve. Le président brésilien Lula, qui s'est déclaré d'accord avec les questions soulevées par DSK, n'a toujours pas décidé s'il appuierait le prétendant français. Si celui-ci est finalement désigné, la France aura la direction de trois des plus prestigieuses institutions économiques au monde : le FMI, la Banque centrale européenne (BCE) avec Jean-Claude Trichet et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd) avec Jean Lemierre. L'ex-ministre de l'Economie deviendrait également le quatrième Français à diriger le Fonds après Pierre-Paul Schweitzer (1963-1973), Jacques de Larosière (1978-1987) et Michel Camdessus (1987-2000), le patron de la future Fondation Chirac. Et s'il réussit, au terme d'un mandat de trois ans, rien n'interdirait à DSK de lorgner à nouveau vers le Parti socialiste... et de retrouver ses ambitions présidentielles.


 


   H.Ghomi

par Hadrien Ghomi publié dans : chelles77avecdsk
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander

Calendrier

Juillet 2008
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Recherche

Blog : Economie sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus