Jean Michel Apathie fait part sur son blog de ses réactions après avoir interwiewé DSK sur RTL. Voici ci-dessous l'article
qu'il a rédigé sur son blog au sujet de DSK.
"Dominique Strauss-Kahn, député socialiste du Val d'Oise et candidat à l'investiture du parti socialiste pour la prochaine
élection présidentielle, était l'invité de RTL, ce matin, à 7h50.
Notre conversation a porté sur plusieurs sujets.
D'abord, cette remarque, qu'il a formulée lui-même, voici quelques jours, et qui, dans le flot quotidien, est passée
inaperçue."Le risque d'effondrement industriel devrait tous nous mobiliser", a-t-il dit.
Le constat sonne juste. Souvent, dans l'actualité, on rapporte l'histoire d'une usine qui ferme, d'une entreprise qui
se délocalise, d'une activité qui s'arrête. Ceci est angoissant, vertigineux, n'est ni de droite ni de gauche, mais résulte plutôt du mouvement de mondialisation de l'économie auquel nous
sommes confrontés.
Pour être complet sur le sujet, il faut ajouter que ces nouvelles qui nous angoissent nous empêchent d'en entendre d'autres
qui pourraient nous rassurer. Des entreprises françaises sont conquérantes sur des marchés extérieurs. Leur expansion hors de nos frontières fournit des emplois à l'intérieur et
sans que les créations compensent forcément les destructions, ceci permet de rationaliser et de mettre à distance ce qui, sinon, noircit l'horizon et obscurcit le jugement.
Il n'en demeure pas moins qu'il faut traiter le fond du problème.
Comme toutes les économies modernes, celle de notre pays connaît une réelle désindustrialisation. Un choc, à ce propos,
se profile. Il concerne l'industrie automobile. Dans quelques années, les produits chinois rivaliseront avec les voitures européennes, américaines, japonaises. Nous risquons ainsi, en
France, de voir péricliter une industrie qui a fait notre fierté. Aux problèmes économiques peuvent s'ajouter un désastre psychologique qu'il serait sain d'anticiper.
Comment faire face? Sans aucun doute en cherchant à conforter un secteur tertiaire, des entreprises de services,
qui forment déjà un vaste ensemble dans les économies occidentales. Une autre piste, exploitée plus rapidement ailleurs qu'en France, est fournie par l'ensemble des progrès que nous
devons accomplir dans la préservation du patrimoine naturel, une économie de l'écologie que nous avons jusqu'ici trop peu investie, à la différence, notamment, des Américains.
Tout ceci suppose un effort de créativité qui commence dans les laboratoires, dans le domaine de la recherche
expérimentale, c'est à dire dans un secteur où la puissance publique, l'argent public, seront déterminants. Or, on le sait, l'état de nos finances publiques ne nous permet pas, pour l'instant,
d'être audacieux dans ce domaine.
Pourquoi mentionner ce dernier aspect? Parce que beaucoup de choses sont contenues dans la réflexion de Dominique
Strauss-Kahn et qu'une élection présidentielle doit permettre de revisiter du sol au plafond l'état d'un pays, et de poser à son propos les questions qui engagent son avenir.
Nous avons abordé ensuite un autre sujet avec Dominique Strauss-Kahn en apparence moins important, mais en apparence
seulement.
Cette algarade entre Ségolène Royal et une jeune militante socialiste valait qu'on y revienne. Une personnalité qui demande
à ses concitoyens de lui confier le pouvoir, qui réclame d'eux cet honneur de les représenter, se doit d'accepter comme légitimes les questions qui concernent sa personnalité, sa manière d'être
et de réagir, de penser et de réfléchir. Il y a, dans une démocratie, cette part personnelle importante qu'il faut savoir intégrer dans le débat, ce qui n'est pas facile pour nous, davantage
porté culturellement à l'expression des idées qu'à l'analyse psychologique.
A plusieurs reprises, Ségolène Royal a été accusée par ses adversaires de fuir le débat, de refuser les questions. Elle s'en
est toujours défendue. Dimanche, lors de son déplacement en Bretagne, elle a assez sèchement repoussée le questionnement d'une militante. Elle l'a fait de telle manière qu'elle a pu apparaître
sévère, cassante. S'agit-il d'une maladresse, d'un moment, où faut-il y voir l'expression d'un trait de caractère, d'une permanence d'attitude qui constitue un renseignement, comme peuvent l'être
les éléments d'un programme, au moment du choix?
Voilà, en gros, la question que j'ai posée à Dominique Strauss-Kahn. Il a plaidé pour le moment, cet instant malheureux où
la maîtrise de l'expression n'est pas ce qu'elle devrait être.
Chacun aura son avis sur la question. Mais la poser relève tout simplement du journalisme."
H.Ghomi